1. La charge mentale, ce n’est pas « juste » être débordé

Dans mon métier, je rencontre chaque semaine des personnes qui me disent : « Je suis débordé(e) », « Je n’arrive plus à poser mon cerveau », sans toujours savoir que cela porte un nom : la charge mentale.​​
Pour moi, la charge mentale désigne tout ce travail invisible que représente le fait de tout anticiper, organiser, planifier et surveiller en permanence, pour soi et pour les autres, au travail comme à la maison.​

Ce n’est pas seulement une question de quantité de tâches, mais un véritable travail cognitif et émotionnel : penser aux échéances, aux rendez‑vous, aux devoirs, aux mails, aux repas, aux projets, aux humeurs des uns et des autres… souvent sans reconnaissance explicite.
Les recherches sur la « mental load » confirment ce que j’observe en séance : cette charge est souvent genrée, et de nombreuses femmes, y compris très investies dans leur carrière, continuent à porter une part disproportionnée de ce travail invisible dans la sphère privée.

2. Les signes qui alertent

Dans la vraie vie, la charge mentale ne se manifeste pas toujours par un burn‑out spectaculaire. Elle s’insinue dans le quotidien par petites touches facilement détectables dans les récits des gens.

Les symptômes qui reviennent le plus souvent sont, par exemple :

  • La difficulté à « décrocher » : même le soir ou en vacances, la tête reste pleine de listes, de problèmes à résoudre, de choses à ne pas oublier.
  • Le « brouillard mental » : impression d’être dispersé(e), de perdre le fil, d’oublier des choses simples alors que les journées sont pleines.
  • L’irritabilité : ce petit rien qui fait exploser, non pas parce que la situation est grave, mais parce que le réservoir intérieur est déjà au maximum.
  • Le sommeil abîmé : difficultés à s’endormir, réveils nocturnes avec les pensées qui tournent en boucle.
  • Le sentiment de ne jamais en faire assez, malgré une journée objectivement bien remplie.

Les études montrent que cette charge mentale persistante augmente le stress, l’anxiété, les troubles du sommeil et le risque d’épuisement à long terme, ce que je retrouve dans de nombreux parcours de vie de clients que j’accompagne.

3. Quand vie pro et vie perso se mélangent en continu

Un thème qui revient constamment est la porosité entre vie professionnelle et vie personnelle.
Les outils numériques, le télétravail, les agendas partagés et la culture du « tout, tout de suite » rendent les frontières beaucoup plus floues : le travail s’invite dans le salon, et la vie perso s’invite dans les réunions.

Les recherches sur les frontières travail‑famille montrent que lorsque ces frontières sont trop perméables, il devient plus difficile de se détacher psychologiquement du travail, ce qui augmente le conflit travail‑famille et la fatigue émotionnelle.
Concrètement, cela donne facilement des scènes comme :

  • Cette manager qui lit ses mails professionnels sur le canapé à 22h, tout en vérifiant l’agenda des enfants et en planifiant les vacances.
  • Cette indépendante qui trouve du temps pour sa comptabilité uniquement une fois tout le monde couché, en culpabilisant de ne pas être plus disponible pour sa famille.

Dans ces situations, la charge mentale ne tient pas seulement au volume de tâches, mais à l’impossibilité de poser son attention quelque part, pleinement, sans être tiré(e) ailleurs.

4. Tout va trop vite : la surcharge et l’impression de ne plus gérer le quotidien

Un autre aspect majeur que je retrouve très souvent, c’est cette sensation que « tout va trop vite » et que le quotidien échappe peu à peu.​
Nos journées sont morcelées en une succession de sollicitations et de micro‑décisions : notifications, urgences, choix à arbitrer, multiples rôles à tenir.

Mes clients décrivent par exemple :

  • L’impression de passer leur temps à répondre, réagir, éteindre des incendies, sans jamais pouvoir réellement prendre du recul.
  • La sensation que le simple fait de tenir le quotidien (courses, repas, rendez‑vous, démarches, organisation familiale) devient un deuxième job à temps plein.​
  • Le cumul des rôles : professionnel(le), parent, enfant de parents vieillissants, conjoint(e), ami(e), bénévole… avec le sentiment de ne pouvoir en « réussir » aucun complètement.

Les recherches sur la charge mentale et le temps montrent que le passage constant d’un rôle à l’autre consomme énormément de ressources attentionnelles et émotionnelles.
Même si la journée n’a pas été physiquement épuisante, le cerveau, lui, a travaillé sans relâche, ce qui explique l’épuisement ressenti en fin de journée

5. Une note d’espoir : la charge mentale, ça se surveille et ça se gère !

Face à tout cela, il serait facile de conclure : « C’est la vie moderne, on n’y peut rien. »
Je pense exactement l’inverse. Mon expérience de terrain, comme les travaux en psychologie du travail et en santé mentale, montre qu’on peut apprendre à observer, réguler et alléger sa charge mentale.

Quels leviers existent ?

  • D’abord, mettre des mots sur ce que l’on vit, au lieu de le réduire à « je ne suis pas assez organisé(e) » ou « je devrais mieux m’en sortir ».
  • Ensuite, rendre cette charge visible : identifier ce qui pèse, ce qui soutient, ce qui peut être partagé, ce qui peut être simplifié.
  • Puis, travailler sur les frontières : se donner de vrais moments de déconnexion, des espaces où la vie pro ne vient pas coloniser tout le reste, et inversement.
  • Enfin, accepter que l’on ne pourra pas tout contrôler, mais que l’on peut choisir certaines actions concrètes pour prendre soin de soi.

Pour aider les personnes que j’accompagne à passer de la prise de conscience à l’action, je propose un outil pratique basé sur l’image des trois vases : personnel et social, professionnel, et « moi intérieur ».​
Dans l’exercice que je joins à cet article, vous pourrez :

  • Évaluer votre propre charge mentale, vase par vase, en identifiant ce qui vous pèse vraiment aujourd’hui.​
  • Repérer vos ressources et vos soutiens, et voir où il serait possible d’« ouvrir des robinets » pour alléger les vases.​
  • Choisir des actions simples et réalistes, étape par étape, pour reprendre un peu de marge de manœuvre dans votre quotidien.​

La charge mentale fait partie de nos vies, mais elle n’a pas à tout diriger.
En la nommant, en la regardant avec honnêteté et bienveillance, et en s’autorisant à demander de l’aide, à simplifier, à ralentir parfois, il devient possible de retrouver de l’espace pour soi.

C’est ce chemin que je propose d’explorer avec vous : pas à pas, à votre rythme, en commençant peut‑être simplement par l’exercice joint à cet article, pour voir où en sont vos propres vases aujourd’hui.

Accéder au fascicule et aux exercices ici https://echodyssee.fr/wp-content/uploads/2026/02/2026_Preserver-sa-charge-mentale.pdf

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